UmanArt et ses membres sont au désespoir
de vous annoncer...
Vous n'êtes pas
sans savoir que le fleuve Mana connaît une période
difficile depuis de nombreuses années déjà...Et
cela ne va pas en s'arrangeant.
Notre
association, dont l'objectif principal demeure la protection de
l'environnement, n'est plus en mesure de proposer à ses membres
et à tout autre public, les manifestations culturelles (expositions,
stages, concert, accueil et hébergement...) en toute sécurité.
Ce problème latent
depuis des mois ne dépend pas de notre volonté propre,
ni du fonctionnement de notre mouvement, mais est directement lié
aux activités d'orpaillage.
En effet, malgré
toutes nos précautions et nos actions menées au niveau
des autorités de ce pays, force est de constater que la situation
sécuritaire et sanitaire sur les fleuves guyanais ne s'est
pas améliorée. Au contraire, on ne voit pas comment
l'orpaillage pourra devenir une activité industrielle respectueuse
de l'environnement, ni comment l'esclavage d'êtres humains
vivants sur un territoire français permettra de réduire
les inégalités sociales...créer de véritables
emplois et lutter contre l'insécurité.
Pour les habitants du
fleuve, il est impossible aujourd'hui d'y continuer des activités,
ni d'y créer ne serait-ce que de petits emplois. Le paludisme
est devenu notre plus gros souci, loin devant la dégradation
de notre environnement. Ajoutons-y une insécurité
croissante qui jusqu'à présent, se bornait à
des règlements de comptes entre garimpeiros (braquages, meurtres,
trafic d'armes, trafic de drogues, prostitution, contrebande...),
mais touche aujourd'hui toutes les activités qui ont lieu
sur la Mana et qui ne sont pas liées à l'orpaillage.
Suite à la dégradation de notre environnement, à
des vols successifs de nos canots, au vols répétés
sur nos véhicules garés à Saut Sabbat, il nous
est devenu quasiment impossible d'y vivre en toute sécurité,
et encore moins d'y développer la moindre activité.
Ce souci ne concerne malheureusement pas notre seul mouvement associatif,
mais aussi les opérateurs touristiques qui ne réussissent
pas à conserver leurs structures d'accueil en forêt
intactes( squat, déchets, détérioration...),
et qui ne peuvent plus risquer d'emmener d'éventuels touristes
par crainte du paludisme.
Nous remercions donc le
Conseil Régional de Guyane qui par deux fois a perdu dans
ses nombreux dossiers, notre projet de nettoyage du fleuve. Ce dernier
aurait pourtant pu permettre une réhabilitation du fleuve
et de ses sites pour les activités touristiques et lutter
contre l'expansion du paludisme, ceci par une éducation menée
auprès des populations concernées. Un hotel-casino
sur St Laurent du Maroni semble être la priorité pour
nos décideurs politiques, alors que d'autres infrastructures
nous font cruellement défaut (déchetteries, centres
d'enseignements, centres de santé...)
Nous remercions l'Etat
pour sa prise de conscience tardive des problèmes liés
à l'exploitation minière et surtout, son manque de
motivation à les résoudre. Soucieux de valoriser son
activité spatiale, il ne peut fâcher les parrains locaux
qui s'enrichissent outrageusement par l'exploitation de femmes et
d'hommes, par la destruction d'un patrimoine appartenant aux générations
de demain. Il ne peut non plus se fâcher contre son voisin
brésilien car de tortueux intérêts les lient..."je
te donne mon bois précieux, tu me laisses ton or!"

La Guyane! Personne ne vous croira!!!
Pour toutes ces raisons
nous ne pouvons que mettre en veille l'ensemble de nos activités,
exceptée notre action sur la collecte des déchets
et la lutte anti-paludique sans laquelle plus rien ne pourra plus
se faire avant longtemps sur le fleuve.
Nous espèrons cependant
proposer à notre public fidèle, une septième
édition de la Face Musicale de la Lune, qui aura lieu mi-octobre
et exceptionnellement sur St Laurent du Maroni pour toute les raisons
citées plus haut.
Assurés de votre
compréhension, et dans l'attente de jours meilleurs, veuillez
accepter nos sincères excuses. A toutes celles et tous ceux
qui nous ont soutenu, encouragé et suivi lors de la lente
construction de notre mouvement associatif, UmanArt sera toujours
reconnaissante.
M.Douarre Samuel.
(Mana,juin 2005)
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